Collège de Wazemmes

Le Projet

Un bardage horizontal en inox recuit brillant tend à la ville un miroir déformant qui capte l’environnement et propage la lumière dans la rue comme dans la cour.

Délimité par quatre rues, le collège de Wazemmes recompose un îlot entier de ce faubourg de Lille caractérisé par un bâti en brique de la fin du 19e siècle plutôt homogène et continu malgré les friches creusées par le temps.

Outre la forme urbaine héritée du passé, le nouvel établissement intègre un hôtel particulier situé sur le boulevard Montebello dont le porche sert d’entrée principale à l’établissement et ouvre sur un jardin dessiné dans l’esprit français des broderies de buis. L’administration y loge avantageusement quand l’établissement se déploie en second plan et sur les rues adjacentes autour d’une cour de récréation qui prend sa respiration par le porche et les créneaux pratiqués dans ce cadre bâti. Commun à toutes ces constructions neuves, un soubassement en béton strié circonscrit l’îlot en continuité de l’ancien mur. Sur cette assise uniforme, le programme décline des formes architecturales variées dont le registre dépend des fonctions abritées et des vis-à-vis présents sur ces rues aux profils et aux statuts différents. A l’enduit blanc de l’hôtel de Montigny et de son mur d’enceinte se superpose le lattis de bois qui habille le bâtiment d’enseignement général aligné en arrière-plan. Ce dernier se retourne sur la rue d’Esquermes et se prolonge du gymnase sous une vêture radicalement différente, en inox étincelant d’aspect Uginox Bright.

Les logements de fonction complètent la figure sur la rue d’Haubourdin, égrenés à l’échelle domestique sous des cassettes métalliques laquées gris ardoise. La demipension la referme sur l’arrière, adoptant un profil bas sous une toiture plantée. Ainsi regroupée au carré, cette collection de bâtiments singuliers répond aux situations rencontrées et fait du collège un microcosme soudé par l’espace intérieur de la cour.

Une façade plane pour miroir déformant

Longue de 70 mètres, l’aile sur la rue d’Esquermes saute aux yeux par sa vêture d’acier inoxydable qui reflète l’environnement et joue avec la lumière, estompant le volume construit en lieu et place d’un parking sauvage. Les immeubles en regard s’y mirent en subissant des déformations dignes de Salvador Dali, façon montres molles.

Elle signe le nouveau collège et l’ancre dans la modernité quand les autres parties composent avec l’histoire et la nature. Les lames en inox recuit brillant (nuance 304, aspect Uginox Bright) de 30 centimètres de large y prennent le relais des lattes en bois du premier bâtiment dans une horizontalité affirmée. Ce bardage plan à emboîtement recouvre le complexe isolant requis par la certification HQE et habille les différents bâtis en passant des voiles en béton à la structure métallique du gymnase.

Les joints de dilatation sont chevauchés grâce à des accroches alternées de part et d’autre qui laissent jouer les lames entre elles. Tous les autres éléments visibles tels que les appuis, les bavettes et le couronnement de l’acrotère sont réalisés en tôle pliée d’acier inoxydable de même aspect Uginox Bright (304) afin de conforter le principe de mono-matérialité propre à cette aile du collège.

En guise de contrepoints, des petites plaques en plexiglas de couleur ponctuent ces deux façades comme autant de notes disposées sur une portée. Ces plaques sont pincées entre deux fines équerres en inox recuit brillant, elles-mêmes assujetties à des pattes en inox qui font le lien avec la façade porteuse sur l’épaisseur de l’isolant.

Cet accastillage décoratif enrichit de petites touches vives les formes mouvantes des reflets captés. L’inox comme vecteur d’une oeuvre surréaliste improvisée.

Texte : François Lamarre / Constructalia

Fiche Technique

Ville: 
Lille
Pays: 
France
Architecte: 
Jérome de Alzua
Année: 
2008
Client: 
Conseil Général du Nord

Information inox

Nuance: 
304/1.4301
Aspect de surface: 
Uginox Bright
Epaisseur: 
1,50 mm